Bon anniversaire Epiceries!

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Il y a 5 ans, un autre jour de Toussaint où la mort et la vie se fécondent, forts de toute l’expérience au Niger et au Congo,
avec SOFEMA et SVP nous avons fondé notre ong Epiceries, chocolat chaud dans les mains et étoiles dans les yeux, sur le canapé vieux rose de notre présidente!

Les membres fondateurs-trices sont nigériennes, congolais, français. suisses, tunisien… et s’ajoutent à eux au comité les membres d’Amérique latine. Pas toujours simple avec les décalages horaires des un-es et des autres…. mais aucun décalage sur la vision et les contenus.

Merci merci merci à toutes celles et ceux qui depuis 5 ans se sont mouillés pour Epiceries, membres actifs dont plus de 100 personnes sont actuellement bénévoles à plus de 50% de leur temps. Sans elles, sans eux nous n’aurions pas su imaginer cultiver le goût de vivre à travers les conflits armés, les conflits sociaux, avec les réfugiés, les déplacés, les travailleurs pauvres, les femmes violées et les hommes ivres de souffrances…

Et bienvenue à toutes celles et ceux qui ont envie de partager la lutte pour la paix à travers l’éducation populaire et la formation. Parce que cela change durablement les choses. Allez venez, on est repartis pour 5 autres années!

Elles trouvent le courage de rentrer

A l’heure où la Province du Nord-Kivu compte plus de 830’000 personnes déplacées, 2 de nos Babamama ont eu le courage et l’envie de rentrer chez elles après des années passées dans un camp.

Séance Simama
Séance Simama

Pourquoi partir maintenant? Comme Babamama, elles ont appris les exercices de détraumatisation, elles savent gérer des cercles de parole et mener à bien une activité communautaire pour la cohésion sociale et l’acquisition de revenus.

Et elles ont souligné que enfin elles se sentaient armées pour repartir chez elle et si possible créer une antenne Simama dans leur lieu de retour. Merci les amies et à tout à l’heure!!!

L’Afrique et la bonne gouvernance

Une émission de Voice of America avec notre collègue et amie, Séverine Auteserre, professeure associée, avec qui nous avons partagé des joies et des plats à Goma,. Elle est spécialiste des guerres civiles, de la construction et du maintien de la paix, de l’aide humanitaire et des politiques africaines. Elle travaille en relations internationales et Etudes africaines au  Barnard College, Columbia University (USA).

Retrouver la fierté d’être quelqu’un

A l’occasion de la journée internationale du 17 octobre, journée de lutte contre la misère, nous avons rejoint l’initiative de ATD Quart Monde qui réunit le 8 octobre les acteurs fribourgeois engagés contre l’exclusion et ses conséquences en Suisse.

Demain à Fribourg, comment agir ensemble pour refuser l’exclusion?

L’exclusion en Suisse, ça existe? Notre pays a l’image d’un pays riche dans lequel chacun vit dans l’abondance. Et pourtant, comme le disait un candidat à une émission ce midi, l’argent est plutôt dans les banques que dans les mains des habitants. Mais il occupe une place certaine dans l’imaginaire, il hante  les esprits, parce qu’il est l’aune à laquelle la société mesure la « réussite » individuelle. Et particulièrement cet argent reçu comme ce bien donné en échange d’un travail fourni, comme le pain gagné à la sueur du front. Comme un mérite. Il est investi d’une grand charge émotionnelle liée à des valeurs: engagement, fidélité, reconnaissance…

Travail et exclusion

En Suisse aussi le monde du travail est violent. Dans ce qu’il est d’usage d’appeler la classe moyenne inférieure, 1 personne sur 4 souffre de difficultés financières. Les travailleuses et travailleurs pauvres sont nombreux. Les personnes de plus de 50 ans qui ont perdu leur emploi voient leur vie sociale basculer souvent irrémédiablement, leur couple voler en éclats. Le mobbing, les injustices. les humiliations, les harcèlements, représentent plus de 45% des difficultés rencontrées sur le lieu de travail. Les patrons et cheffes de toutes petites entreprises travaillent un nombre impressionnant d’heures hebdomadaires et peinent à joindre les 2 bouts. Plus de 13’000 procédures de mise en faillite ont été engagées en 2015, sans compter les faillites des personnes non inscrites au registres du commerce.

L’épuisement professionnel est une réalité dans le monde du travail et il a ses conséquences sur la vie familiale et sociale.  partout. Le site Burnout.ch donne cette définition: « Burnout (épuisement professionnel) est un terme générique désignant un état de fatigue émotionnel, mental et physique caractérisé d’un manque de motivation et de performance après des mois ou voire des années de surmenage, de surenchère; c’est un cercle vicieux. »

Combien des faillites ont été causées par ces burnout? Faire faillite c’est, dit le dictionnaire, ne pas être à la hauteur. Le sentiment de faillite génère un sentiment de honte. La honte sépare des autres et isole. Elle exclue de vivre bien ensemble.

Comment changer cela?

Quel est le degré de liberté dont nous disposons pour aménager nos espaces-temps de travail? Innover dans le monde du travail n’est pas si facile, parce que les traditions ont du poids.

Dans notre ong, nous avons des canapés pour nous installer confortablement, des matelas pour faire la sieste, une tablette pour regarder des films et nous organisons librement mais en équipe notre temps de travail. Peut-être aurez-vous envie de dire comme quelques autres: « Comment? vous n’avez pas d’horaires fixes? Vous permettez à vos bénévoles de faire la sieste? Vous ne contrôlez pas leur temps de travail? Vous êtes sûrs que c’est sérieux? ».

Imprévisible mais visible!

Mais peut-être aussi y verrez-vous une réalité autre: celle d’un espace, d’un temps, où nous nous travaillons beaucoup, mais en respectant notre rythme, nos coups de fatigue, nos rhumes, les chagrins et les deuils que nous avons à traverser comme nos jours d’hyperactivisme! L’enthousiasme efficace avec lequel les personnes déplacées dans les camps s’engagent avec nous et créent de nouveaux projets économiques à dimensions humaines suffit à raconter combien notre vision du travail est productive: elle produit de la chaleur humaine, le sens des responsabilités ensemble, l’engagement pour une vision. C’est visible et mesurable.

Mais ce n’est pas prédictible. Car cela prend du temps et que le facteur humain nous enlève la maitrise sur le cours des affaires et que ce n’est pas garanti à vie.

Retrouver la fierté d’être quelqu’un

Les personnes avec Epiceries apprennent à se remettre de leur angoisse face aux pertes qu’elles ont subi et à surmonter la honte de ne pas avoir été à la hauteur. Elles apprennent peu à peu à retrouver la fierté d’être quelqu’un, le désir de changer les choses, et le courage de le faire.

En Suisse, la peur de l’échec, la pression de devoir réussir et la honte de ne pas avoir réussi sont des sentiments si grands qu’ils paralysent de nombreuses personnes. Et l’aune de la réussite, c’est l’argent. Qui en a, a bien fait les choses. Qui en manque a failli. Exclu de parler de problèmes d’argent . Et pourtant, dans l’intimité, c’est un sujet omniprésent.

Nous cherchons avec toutes ces personnes des pistes pour transformer toute cette énergie perdue à cacher le manque, la souffrance, la honte, en énergie positive, de cette énergie qui donne le goût de vivre.

La CENI Commission Electorale Nationale Indépendante de RDC en formation à Fribourg

ceni-3Vendredi l’exécutif de la Ville de Fribourg a reçu la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, de RDC qui venait en Suisse pour se former aux arcanes de la démocratie. Merci infiniment à M. Nicolas Wolleb, chef du Contrôle des habitants, qui a fait une présentation remarquable sur notre système de votations et d’élections, et sur des aspects moins connus, en particulier la gestion des listes et le processus de dépouillement.

Quant à M. Thierry Steiert, Syndic (équivalent de maire) de la Ville de Fribourg, il a sidéré nos amis de la CENI en répondant: « Inimaginable! » à la question: « est-ce que votre pays serait là où il en est sans les élus locaux? ». « Inimaginable! » ce mot a fortement marqué Mme Elodie Ntamuzinda, membre de la CENI, qui, comme ses collègues, a été frappée par notre vision de la démocratie, certes perfectible mais cependant opérante.
Nous en avons profité pour informer les membres de la CENI que au Nord-Kivu c’est cette vision alla suisse qui a fondé notre pédagogie d’apprentissage de la démocratie, à commencer par le partage de la parole….

Un immense merci à nos autorités pour ce moment mutuellement respectueux et plein de joie.

 

De l’imagination et beaucoup de courage!

Nous sommes frustrés parce que les connexions avec le Congo sont de nouveau compliquées, chères et peu fiables… mais ça va s’arranger comme toujours, patience! En revanche la connexion avec la magnifique équipe de Ecodesi au Costa Rica est de nouveau rétablie ouf!

Et Goyabaya, notre marque de sacs et produits faits de produits de 2e vie, bat son plein. Après des paniers roses et gris, voici les paniers bleus. Et saluons le courage de notre équipe. Comme nous n’avons pas de hangar dans les camps, ni de véhicule pour notre organisation, tous les jours, Solange, Denis, Dieudonné, Nicole, transportent tout le matériel en transport public jusqu’au camp! Merci à vous tous!

Fabrication de paniers Goyabaya dans un camp de personnes déplacées près de Goma
Nos désormais célèbres Artisanes à la fabrication des Paniers de notre marque Goyabaya déclinés ici en bleu

… et elle s’engage à fond!

Photo de ONG Epiceries.
Immaculée s’implique pour faire Simama

Notre couturière Immaculée s’est revêtue d’une veste Epiceries: « Si vous voulez qu’on nous respecte dans le camp, il faut qu’on fabrique tous ensemble des uniformes pour qu’on nous reconnaisse et qu’on nous écoute »

Ohlala, quelle idée géniale, travailler ensemble « les gens de dedans et les gens de dehors », wouaw! Alors hop, on va chercher comment acheter les tissus et les fils pour que notre atelier puisse tourner à fond à fabriquer 76 vestes. Belle énergie!

Elle a choisi de dire oui

« Vivre dans les camps n’est pas une vie, c’est un enfer permanent, surtout pour nous les femmes. Il y a 2 ans je voulais en finir. Si j’ai la force de tenir la pédale de la machine c’est par la grâce de votre travail. Alors je veux travailler avec vous dans le camp où je vis, bénévolement, pour aider d’autres femmes à se relever. »

Elle fait partie des 38 femmes babamama qui sont en formation actuellement dans les camps. Elle apprend à transmettre Simama, notre rituel de travail des traumas et de développement du pouvoir d’agir, à l’aide de tapotements et de cercles de parole. Merci à elle de prendre le relais et de nous apporter toute sa connaissance de la vie des camps, et ses compétences en matière de résilience et d’empowerment. Merci parce que sans son courage, et celui des 75 autres personnes qui s’engagent, nous ne pourrions pas faire ce travail.

Photo de ONG Epiceries.

38 femmes et 38 hommes lèvent la main pour dire oui

Elles disent oui
De victimes elles deviennent aides soignantes et s’engagent pour aider les autres habitant-es du camp à s’en sortir

Habitant les camps, elles – ils choisissent de s’engager bénévolement comme artisan-s de paix. Ils suivent la première formation pour devenir babamama, intervenants d’Epiceries-SVP, au sein des camps et plus tard comme médiateurs culturels de paix dans leurs villages de retour.

Les personnes déplacées sont victimes de violences. MAIS c’est faire atteinte gravement à leur dignité et leurs droits culturels de ne pas les considérer comme actrices-acteurs de leur propre vie et de la construction de l’avenir.

 

Les femmes tibétaines, actrices-clé dans les communautés rurales himalayennes

L’éducation et l’identité culturelle des femmes tibétaines

La préservation de la dignité humaine implique le respect de la diversité et des droits culturels. Ces droits sont défendus par la Déclaration de Fribourg, la Déclaration universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle (2001) et la Convention de l’ONU sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005).

Bien que ces droits concernent tous les tibétains, les femmes tibétaines subissent une double discrimination par le fait qu’elles soient à la fois femmes et tibétaines. Dans l’économie traditionnelle tibétaine, basée sur l’agriculture, l’élevage et la production de laine, la femme occupe une place centrale dans la communauté rurale. Elle participe aux travaux extérieurs pénibles et physiques tout en s’occupant des tâches domestiques. L’éducation des filles n’est pas considérée comme essentielle; elle se termine souvent prématurément, bien avant celle des garçons. Certaines d’entre elles sont envoyées dans une nonnerie bouddhiste afin d’y recevoir une éducation spirituelle, tout en bénéficiant d’un toit et de nourriture. Elles sont encore nombreuses à choisir de devenir none. Cette opportunité d’enseignement n’est cependant pas comparable avec celle offerte aux hommes, plus riche et plus poussée.

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