RD Congo – Communiqué (partie 3) : Fermeture du camp Mugunga III & appel à dons

QUEL EST NOTRE LIEN AVEC CES PERSONNES?
L’asbl SVP, sise au Nord-Kivu, à l’Est de la RDC, est membre fondatrice de l’ong Epiceries, dont le siège est en Suisse. Nous travaillons depuis 2011 à l’Est du Congo avec le programme Wambo qui comporte 2 volets: Simama et Omaweh. Simama s’occupe des personnes traumatisées et désespérées pour abaisser leur niveau d’angoisse et de stress et leur redonner le courage de prendre leur vie en main, plutôt que de subir. Omaweh travaille dans les villages entre les communautés de personnes retournées et d’accueil, pour prévenir les conflits fonciers, les tensions socio-économiques et ethniques.

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Une partie des Babamama et de l’équipe de terrain de Epiceries-SVP, lors d’une rencontre avant l’annonce de la fermeture, entourent notre volontaire suisse Johan, et le forment à nos approches.

En 2016 nous avons formé 76 habitant-es des camps en tant que Babamama, animateurs-trices Simama. Grâce à cette formation, 75 ménages, soit 684 personnes, originaires de 3 territoires de la Province du Nord-Kivu, ont quitté le camp pour rentrer chez elles. Dans les villages de retour, et à la demande des Babamama mais aussi des autorités locales, civiles, coutumières, religieuses, nous avons créé des points focaux, des centres villageois, où les babamama forment la population locale aux exercices de cohabitation pacifique et de détraumatisation.

A Bino, Bukombo, Natale, Kiseguro, Ngwenda, Kiwanja, Rutshuru, Kinyandonyi, 1057 personnes ont été accompagnées depuis l’installation de ces centres dans les derniers 4 mois. Ce qui fait un réseau de 1740 personnes (2) engagées dans le processus de cohabitation entre les groupes qui reviennent et la population d’accueil. Depuis 2013 nous accompagnons les retours des personnes déplacées dans les villages et nos intermédiations foncières ont permis de prévenir ou résoudre plus de 120 conflits fonciers, pour la plupart collectifs.

Nos approches ont fait leurs preuves. Et la mise en place des points focaux a permis de consacrer encore plus d’énergie à la réduction de la violence et à la prévention des conflits dans les villages. Mais le retour brusque de plusieurs milliers de personnes menace cet équilibre fragile et nos Babamama sur place ont peur d’être débordés.

QUE POUVONS-NOUS FAIRE?
Nous ne pouvons pas prendre en charge les milliers de personnes qui vont être jetées sur les routes ces prochains jours. Mais nous pouvons poursuivre dans les villages de retour où nous sommes établis notre travail d’éducation et de formation. Si des solutions doivent être trouvées, elles viendront de la population.

Nous pouvons renforcer les compétences et la visibilité des Babamama auprès des autorités et des villageois, car ce sont eux-elles qui sont au coeur de la démarche d’apaisement individuel et communautaire au sein de la population.

Pour cela, nous avons besoin:
– d’organiser le retour des 28 Babamama qui étaient resté-es au camp
– d’avertir les Babamama déjà rentré-e-s de l’arrivée imminente d’autres Babamama
– de préparer des gilets de reconnaissance pour tous les Babamama pour les rendre reconnaissables et ainsi les protéger un peu
– de rester en contact permanent avec tous les Babamama pour être à l’écoute de ce qui se passe sur le terrain
– donc d’acheter des téléphones et des unités pour tous les Babamama
– de nous déplacer pour nous rendre au plus vite auprès des points focaux et renforcer les Babamama
– de voir avec les Babamama les chefs des villages, pour évaluer dans quelle mesure ils ont besoin de notre aide pour la prévention des conflits fonciers et l’accompagnement des processus de retour.

Les circonstances ne nous permettent plus de faire le suivi de notre projet à notre rythme comme jusqu’ici. Nous devons réagir vite. Mais comme de nombreuses organisations, nous manquons des moyens nécessaires pour réagir rapidement face à l’urgence. Notre souci principal est de ne pas laisser les Babamama livrés à eux-mêmes dans cette situation de crise et de leur permettre d’apporter une aide compétente à une population en détresse.

VOS DONS FERONT LA DIFFÉRENCE.
Nous arrivons à couvrir le retour de nos 28 Babamama avec leurs familles et dépendants. Mais voici le budget qui nous aiderait à répondre aux besoins les plus urgents pour renforcer le travail d’accueil des Babamama
– 90 gilets Epiceries-SVP à 12 USD pièce
– 50 téléphones à 15 USD pièce
– Recharges téléphoniques: 500 USD
– Voyages urgents de nos formateurs-trices vers les points focaux: 400 USD * 7 lieux

Nous déploierons notre programme d’urgence en fonction des dons que nous pourrons récolter via les coordonnées ci-contre sur ce site web –>

Nous vous donnerons des nouvelles sur notre site et nos réseaux sociaux ou par courriel.

(Fin du communiqué)

Denis Awazi Makopa, Co-président Epiceries & Véronique Isenmann, Coordinatrice Epiceries

(2) Ce nombre comprend également les « enfants », en particulier les 12-18 ans, car nous considérons que les enfants victimes des violences armées et sexuelles qui font les exercices avec leur famille sont réellement partie prenante d’un processus qui travaille à la prévention de la reproduction des violences.

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