Tout a commencé au Niger

Greniers au village

niger

Les femmes d’Epiceries-SOFEMA sont à la source de toute la pédagogie populaire sur l’empowerment communautaire, le développement du pouvoir d’agir ensemble. Des projets communautaires forts ont changé la vie des femmes et des villages tels les projets de solidarité économique, les banques céréalières, le projet charrettes, le projet Rues propres, l’accompagnement des filles-mères.

La structure en étoile, avec un comité central à Dogondoutchi, et des comités villageois autonomes, la responsabilité collective du remboursement des micro-crédits, la liberté de décision au niveau local,  a grandement favorisé et largement contribué à une meilleure vie ensemble et à l’apprentissage d’une démocratie forte, au sens d’une prise de parole et de décision responsable et engagée au niveau local. Plus de respect de la part des hommes envers les femmes, une plus grande confiance des femmes en leurs capacités, un travail collaboratif entre les femmes et les hommes de bonne volonté. Après 20 ans, les membres de la SOFEMA étaient actives dans 35 villages et un village de femmes migrantes et touchaient 250’000 personnes.

Aujourd’hui la situation dans la région a beaucoup changé. Boko Haram a semé la terreur, les hommes ont pris peur pour leurs femmes, leurs familles, l’accompagnement des comités villageois est devenu quasi impossible et le travail de 20 ans est profondément perturbé.

Les femmes d’Epiceries-SOFEMA nous ont appris comment développer ensemble des projets communautaires forts et durables. Et si elles inspirent la structure et la dynamique des projets en Afrique et en Amérique latine, c’est l’équipe d’Epiceries-SVP en RD Congo, qui nous apprendra dans les mois à venir à dépasser la peur au Niger.

Nous veillerons à ce que les souhaits ne restent pas des vaines paroles

Les jours de démunission ont usé nos forces. Il est temps de s’asseoir un moment.
Mun gode Allah! La joie d’avoir mis quelque chose de côté pour les enfants, un peu d’espoir de pouvoir arriver à la prochaine récolte : Puisse Dieu le Tout Puissant nous accorder des jours meilleurs! S’asseoir pour préparer un futur… Nous les femmes de l’ONG Femmes et Solidarité SOFEMA, membres de l’ong Epiceries, nous ferons en sorte que les souhaits ne soient pas que des mots.

Le chant du pilon

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Cercles de parole

Les cercles de parole sont le fondement de notre démarche et constituent notre rituel de base.

Les personnes se tiennent en un cercle fermé, dans un espace qui constitue une bulle de protection, un espace de confidentialité. Le-la « sage » qui guide le cercle entame le tour de parole avec une question, apportée par le groupe ou donnée par les circonstances, le contexte, par rapport à laquelle les participants vont s’exprimer, s’ils le souhaitent, à tour de rôle en JE.  Le bâton de parole qui passe de main en main laisse la personne libre de parler ou de se taire, de peser ses mots à l’aulne du poids du bâton, rend visible que nul-le ne peut en être privé-e. C’est le premier pas vers la reconnaissance de chaque personne, de son identité culturelle et de ses droits. C’est un pas essentiel dans l’apprentissage de la démocratie.

Durée de la formation aux cercles de parole: 80 heures de formation. La formation comprend une partie théorique et une pratique des cercles de parole ainsi qu’une supervision de la pratique. La formation peut être répartie en 4 modules de 20 heures. Tarif: 2800.- CHF/Euros/USD payable par tranches modulaires.

Cette formation s’inscrit dans le cadre de la formation continue pour nos formatrices et formateurs. Elle est accessible au public selon nos conditions générales.

Il est homme, pygmée, et il a dit oui

Les cercles de parole, transmis par les Nations premières au Nord du Québec, sont le fondement de notre démarche. Le bâton de parole qui passe de main en main et laisse la personne libre de parler ou de se taire, de peser ses mots à l’aulne du poids du bâton, rend visible que nul-le ne peut en être privé-e. C’est le premier pas vers la démocratie.

Cercle de paroleJean-Paul est mtwa, c’est à dire homme de la forêt, pygmée. Après 1 mois de formation à Simama dans le camp de Mugunga III, il nous dit: « Il y a un mois, je ne savais même pas qu’un pygmée pouvait prendre la parole devant un bantu (ndlr: humain, représentant de tous les groupes non pygmés). Il y a une semaine je ne savais même pas qu’un jour j’aurais envie de prendre la parole devant un bantu. Et aujourd’hui, non seulement j’ai le désir de prendre la parole devant un bantu, non seulement j’ose la demander, mais en plus je trouve normal qu’on me la donne. Il faut absolument que tous les batwa (ndlr: pygmées) apprennent cette bonne nouvelle. »

Depuis, Jean-Paul fait partie des 76 Babamama du camp de Mugunga III, et il s’investit avec ses collègues dans les projets de résilience et d’empowerment dans le camp et dans le groupement de Mudja, territoire de Nyiragongo

 

De l’imagination et beaucoup de courage!

Nous sommes frustrés parce que les connexions avec le Congo sont de nouveau compliquées, chères et peu fiables… mais ça va s’arranger comme toujours, patience! En revanche la connexion avec la magnifique équipe de Ecodesi au Costa Rica est de nouveau rétablie ouf!

Et Goyabaya, notre marque de sacs et produits faits de produits de 2e vie, bat son plein. Après des paniers roses et gris, voici les paniers bleus. Et saluons le courage de notre équipe. Comme nous n’avons pas de hangar dans les camps, ni de véhicule pour notre organisation, tous les jours, Solange, Denis, Dieudonné, Nicole, transportent tout le matériel en transport public jusqu’au camp! Merci à vous tous!

Fabrication de paniers Goyabaya dans un camp de personnes déplacées près de Goma
Nos désormais célèbres Artisanes à la fabrication des Paniers de notre marque Goyabaya déclinés ici en bleu