Cercles de parole – Bâton de parole

Les cercles de parole, que Véronique Isenmann a reçu en partage des Nations premières au Nord du Québec, sont le fondement de notre démarche.

Les personnes se tiennent en un cercle fermé, dans un espace qui constitue une bulle de protection, un espace de confidentialité. Le-la « sage » qui guide le cercle entame le tour de parole avec une parole par rapport à laquelle les participants vont s’exprimer, s’ils le souhaitent, à tour de rôle en JE. Il n’est pas permis d’interpeler un autre intervenant, si ce n’est pour avoir des précisions de compréhension.

Le bâton de parole qui passe de main en main et laisse la personne libre de parler ou de se taire, de peser ses mots à l’aulne du poids du bâton, rend visible que nul-le ne peut en être privé-e. C’est le premier pas vers la démocratie. Nous travaillons à Epiceries avec des bâtons de parole de taille et de poids différents posés au centre du cercle. Chaque personne est libre de se lever et de changer de bâton de parole pour signifier le poids ou la taille de ce qu’il a à dire.

La parole continue de tourner tant que des personnes ont des points à compléter ou ajouter par rapport à la question initiale. Le-la sage peut ensuite faire une synthèse et proposer une nouvelle question née des premières rondes.

Pour éviter que certaines personnes ne nolisent la parole au détriment des autres participants. il est essentiel que le-la sage soit bien formé aux différentes approches possibles pour rendre chacun-e responsable du partage du temps.

Il est homme, pygmée, et il a dit oui

Les cercles de parole, transmis par les Nations premières au Nord du Québec, sont le fondement de notre démarche. Le bâton de parole qui passe de main en main et laisse la personne libre de parler ou de se taire, de peser ses mots à l’aulne du poids du bâton, rend visible que nul-le ne peut en être privé-e. C’est le premier pas vers la démocratie.

Cercle de paroleJean-Paul est mtwa, c’est à dire homme de la forêt, pygmée. Après 1 mois de formation à Simama dans le camp de Mugunga III, il nous dit: « Il y a un mois, je ne savais même pas qu’un pygmée pouvait prendre la parole devant un bantu (ndlr: humain, représentant de tous les groupes non pygmés). Il y a une semaine je ne savais même pas qu’un jour j’aurais envie de prendre la parole devant un bantu. Et aujourd’hui, non seulement j’ai le désir de prendre la parole devant un bantu, non seulement j’ose la demander, mais en plus je trouve normal qu’on me la donne. Il faut absolument que tous les batwa (ndlr: pygmées) apprennent cette bonne nouvelle. »

Depuis, Jean-Paul fait partie des 76 Babamama du camp de Mugunga III, et il s’investit avec ses collègues dans les projets de résilience et d’empowerment dans le camp et dans le groupement de Mudja, territoire de Nyiragongo

 

De l’imagination et beaucoup de courage!

Nous sommes frustrés parce que les connexions avec le Congo sont de nouveau compliquées, chères et peu fiables… mais ça va s’arranger comme toujours, patience! En revanche la connexion avec la magnifique équipe de Ecodesi au Costa Rica est de nouveau rétablie ouf!

Et Goyabaya, notre marque de sacs et produits faits de produits de 2e vie, bat son plein. Après des paniers roses et gris, voici les paniers bleus. Et saluons le courage de notre équipe. Comme nous n’avons pas de hangar dans les camps, ni de véhicule pour notre organisation, tous les jours, Solange, Denis, Dieudonné, Nicole, transportent tout le matériel en transport public jusqu’au camp! Merci à vous tous!

Fabrication de paniers Goyabaya dans un camp de personnes déplacées près de Goma
Nos désormais célèbres Artisanes à la fabrication des Paniers de notre marque Goyabaya déclinés ici en bleu